Mélodie Razaka.
mlo_mlo.project / めろめろ · « I shape, I draw, I colour my e-motions. »
Artiste pluridisciplinaire · Céramiste · Poétesse · Chercheuse visuelle & sociale
Artiste franco-malgache, mon travail se déploie aux intersections d’une perception neurodivergente du monde et d’une perspective minoritaire. Après cinq années d’expérimentation entre le Japon et Berlin, je suis désormais ancrée sur la Côte d’Azur. Je refuse délibérément les codes cliniques et rigides des espaces d’art conventionnels pour composer un écosystème singulier où, comme un rhizome, s’articulent art contemporain, poésie céramique et médiation sensible.
Nourrie par une lignée internationale de créateurs, d’une année de recherche sélective à l’Ishoken (Tajimi, Japon) aux complicités artistiques qui me lient à la Biennale de Venise et à la scène berlinoise, ma démarche interroge le lien. Pour les institutions comme pour l’intime, je façonne des formes tactiles et des espaces refuges, réactivant nos rituels domestiques comme des actes de résistance poétique et de réparation collective.
Expositions
- Exposition de fin d’études 2024 (Ishoken, Tajimi · 2024)
Présentation des œuvres, Ceramics Lab, 21ᵉ promotion, Mélodie Razaka.
Art du Feu
Céramique et recherche autour du vitrail : la matière prise à mains nues, là où l’émotion se dépose, se fait chair et prend feu dans la terre. Une première façon de transformer ce qui blesse en lien.
Céramique
Mes pièces en céramique, façonnées entièrement à la main, n’ont rien d’inerte : j’y cherche une divinité incarnée, des talismans sacrés où la terre, le temps d’un feu, retient l’émotion vive de l’instant.
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Parce que l’argile écoute. Parce qu’elle retient la mémoire là où les mots trébuchent. Façonner la terre est ma manière d’habiter pleinement le présent : une conversation incarnée entre hier et maintenant, où les mains se souviennent de ce que l’esprit laisse filer. De ma perception neurodivergente du monde, c’est le seul médium qui, à chaque fois, me ramène tout au fond de l’instant, mains dans la terre.
À rebours de la perfection industrielle, je laisse la terre garder la chaleur brute du corps et la mémoire de mon héritage franco-malgache. Ces pièces réparent : elles font de nos blessures des liens vivants. Cette recherche s’ouvre aux résidences, aux expositions et aux complicités avec les galeries.
Série Inner Child
En résonance avec Ayako Rokkaku, Tenko Club et Marina Diamandis.
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Née à Ishoken (Tajimi City Pottery Design and Technical Center), ma première série céramique a été une rébellion silencieuse. Après des années à orchestrer des projets institutionnels pour l’Institut français du Japon à Kyoto, ce retour à la terre s’est imposé comme un besoin viscéral de revenir au corps : laisser l’enfant intérieur ouvrir le chemin, par la forme, l’émail et le jeu, le temps d’une saison d’entre-deux.
L’« inner child », c’est l’enfant intérieur : ces blessures et ces silences de l’enfance qui continuent d’agir en nous, adultes. Avec le Donut de Proust et ces formes réconfortantes, l’argile donne un corps tangible à l’émotion, pour que la blessure trouve, enfin, le temps de se refermer.
Côté forme, la série puise dans la psychologie des formes et l’archétype domestique. Le Donut de Proust déconstruit l’objet utile : un contenant au centre vide, qui refuse de servir, gardant la silhouette réconfortante du quotidien tout en renonçant, doucement, à son usage.
La palette ? Empruntée au Sud de la France, où j’ai grandi : le bleu de l’Azur, l’odeur de la mer à la fenêtre, la lumière éblouissante et les couleurs vives du vieux Nice.
Série 脱皮ちゃん (Dappi-chan)
En résonance avec Tomoya Sakai, Takashi Murakami et Caroline Polachek.
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脱皮 (dappi), c’est muer, se défaire de sa peau. Ces pièces sont nées à Berlin, portées par la sororité de @tenko_club. Cette ville m’a transformée, me révélant à une version un peu plus grunge, un peu plus grise, que mes couleurs vives habituelles.
2025 aura été mon année du serpent. J’ai mué tant de fois, laissant sécher mes peaux d’agrumes dans la terre. Sur mes tasses, la texture de l’écorce d’orange devient le symbole de cette peau qui se défait et se refait, comme le lézard qui change de forme pour survivre. Ce travail dit l’état de transition : tout y est extrêmement fragile, brut, délibérément inachevé. Comme la vie elle-même.
Vitrail (Stained Glass)
Recherche en cours.
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En résonance avec Madame Zo (Zoarinivo Razafindrambo) et Zizipho Poswa.
Recherche en cours autour de la transparence, du verre brisé et de la lumière filtrée : la même politique de la fragilité et de la réparation qu’en céramique, déplacée dans une matière qui laisse passer le jour.
La table & le soin
The Empowered Plate et ma photographie : une recherche visuelle où le collectif, les femmes et le soin (care) deviennent un geste, une table dressée en acte de résistance. Réparer, ici, c’est faire une place à l’autre, à ma table.
The Empowered Plate
Installation relationnelle nomade, une hospitalité du soin.
Supper club communautaire et nomade, fondé à Berlin, pensé pour refleurir sur d’autres territoires. Un espace dédié aux femmes racisées (BIWOC) où l’on partage bien plus que des repas : des récits, des cercles de parole, une cartographie communautaire et du soin (care). Un refuge pour se retrouver et se réparer, ensemble.
Dès l’instant où nous choisissons d’aimer, nous commençons à nous mouvoir contre la domination, contre l’oppression.
En résonance avec bell hooks, Audre Lorde, les traditions orales malgaches et Florence and the Machine.
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Nourri par l’éthique de l’amour de bell hooks et par la conviction d’Audre Lorde, pour qui le soin (care) est profondément politique, The Empowered Plate fait de la table et de l’hospitalité un acte de résistance. Je pense la table elle-même comme un dispositif critique pour décoloniser le repas : non pas des dîners, mais des installations performatives, où les femmes de couleur se rassemblent pour partager des plats et des trajectoires. Non pour le spectacle, mais pour une nourriture spirituelle, politique et commune.
Chaque installation est pensée comme une œuvre totale : le menu, la vaisselle en céramique née de mon atelier, la mise en table et l’arc de la conversation. On y réactive la mémoire culinaire et l’histoire orale pour transformer le silence en langage et en action. Les convives ne forment pas un public passif : elles sont les co-créatrices de la soirée.
J’accueille les partenariats avec les musées et les lieux culturels du monde entier, pour déployer ensemble cette hospitalité du soin.
Photographie
Depuis 2016 · Recherche visuelle continue.
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En résonance avec Delphine Diallo et Octavia Butler.
La photographie a été mon tout premier langage. Bien avant de façonner l’argile, c’est par l’objectif que j’ai saisi mes premières visions, à l’Université d’Osaka, en 2016, avant de représenter mon université au concours national de photographie JACES, où la série a été primée. On y devine déjà les piliers de ma démarche : le soin, les femmes et la puissance de la couleur.
Photographiée avec le modèle Wei Di, parmi les murs de terre cuite et le vert vivant, la série oppose la brique chaude au feuillage, une présence calme et attentive en son centre. Prise au boîtier Sony NEX-5, cette pratique demeure un territoire de liberté et d’ancrage visuel immédiat.
Mots & voix
Poésie et podcast : l’écrit et l’oral qui se répondent, le podcast comme atelier du souffle, où les poèmes trouvent leur voix avant la page. Dire la blessure, pour la changer en lien.
Poésie · Douceur et Douleur
Recueil en cours (en français), en étroite collaboration avec une personne typographe.
En résonance avec Audre Lorde, Sheena Ringo et Paris Paloma.
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Douceur et Douleur se tient au croisement de l’intime et du politique : un tissage de mémoires, de révoltes et d’amour. À travers une poésie tantôt caresse, tantôt tonnerre, j’écoute les pulsations du cœur et les tremblements de l’âme.
Ce recueil arpente les textures des fractures diasporiques, de la mémoire intergénérationnelle et des politiques de l’appartenance. Ma langue y est fragmentée, tendre et tranchante : un refus de la grammaire coloniale, une manière d’écrire depuis la blessure sans me laisser définir par elle. Ici, chaque mot est une traversée, écrite maux pour mots : un fragment de vie livré sans filtre, pour celleux qui cherchent à se reconnaître, à respirer, à exister pleinement.
Des étoiles et de la lune, tu es tombé à mes piedsCe qui ne devait être qu’une simple amitié,S’est transformé en romance inespérée.Une force tranquille qui met du baume au cœurlorsque les maux et les douleursSe voient calmer par ta douceur.Une impression que tu es fait sur mesure,Et Lingua Franca est notre démesure.Tout s’est fait rapidement,En un instant,Je prenais ta main froide et ton cœur chaud,Et moi qui pensais que tu me regarderais de haut,Que nenni ! Tu avais les yeux qui pétillaient,Comme les étoiles et les lumières de la ville qu’on regardait.Seulement voilà,Tu t’en vas.
Âme rêveuse,Âme baroudeuse,Rencontre douce et intense,Tu pars à l’autre bout du globe.Et cette idée me dévore, me gobe,Comme si tu me donnais l’univers au creux des mains,Pour t’en aller le lendemain.Mon cœur est chamboulé,Je ne sais plus que penser,Si ce n’est, être à tes côtés.Tu m’as accepté comme je suis,Malgré toutes mes folies,Et tu as su définir,Ce qui me faisait souffrir.Difficile de recevoir quand on a tellement donné,Mais avec toi tout cela semble du passé.Merci l’Univers de m’avoir mis sur ta route,Parce que mes constellations ne doutentPas une seule seconde,Que j’irai au bout du monde,Pour recroiser ta route.
P.-S. : je cherche (avec un enthousiasme assez peu dissimulé) une maison d’édition pour donner vie à ce recueil avec moi.
Podcast · Humbly Melody
En résonance avec les traditions orales malgaches, bell hooks et Florence and the Machine.
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Un podcast de poésie et de voix (en français) qui sonde la mémoire, l’identité et les espaces intimes.
Beaucoup des poèmes réunis aujourd’hui dans Douceur et Douleur ont d’abord été dits à voix haute dans cet espace sonore. Ils s’y éprouvent, se sculptent au souffle, s’affinent à l’écoute et à la vibration de la voix, avant que l’écriture ne les fixe.
Journal visuel
Une pratique quotidienne du dessin au crayon de couleur : un journal visuel saturé et phosphorescent, tenu chaque jour comme on entretient un feu. Chaque page, une main tendue à l’enfant intérieur.
En résonance avec Ayako Rokkaku, Bibi Lei, Hiromi Tango et Marina Diamandis.
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Depuis décembre 2025, une pratique quotidienne du dessin au crayon de couleur : un journal visuel tenu comme une discipline intime.
En résonance avec les gestes bruts et émancipés d’artistes comme Ayako Rokkaku ou Bibi Lei, ce journal visuel est mon archive incarnée de la présence, tenue jour après jour.
Intimes par leur échelle, mes dessins pensent à voix haute : ils donnent corps à des symboles qui n’ont pas encore trouvé d’autre langage.
Ma palette est saturée, délibérément vive, parfois phosphorescente. Je revendique une approche pop et high contrast pour traduire, sans filtre, toute l’amplitude des émotions humaines, des colères les plus denses aux joies les plus électriques. J’y mets en scène des femmes aux yeux puissants, intensément expressifs : la lumière ne les éclaire pas du dehors, elle émane d’elles. Elles n’attendent rien du male gaze. Souveraines, leurs propres muses, elles vous envoûtent comme des sirènes magnétiques et vous happent dans leur monde.
Influences
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Arts visuels
- Ayako Rokkaku
- Bibi Lei
- Takashi Murakami
- Delphine Diallo
- Madame Zo (Zoarinivo Razafindrambo)
- Hiromi Tango
Céramique
Musique & Performance
- Florence and the Machine
- Sheena Ringo (椎名林檎)
- Marina Diamandis
- Paris Paloma
- Kiki Rockwell
- Caroline Polachek
Pensée & Littérature
- bell hooks
- Audre Lorde
- Octavia Butler
- Traditions orales malgaches